CAMPS CIGARETTES – GONFREVILLE

La Maison du Patrimoine et des Cités Provisoires, aux origines de l’esprit entraide gonfrevillais

Presse havraise, 10/05/2019

Gonfreville-l’Orcher. La date du 8 mai a été choisie pour inaugurer la Maison du Patrimoine et des Cités Provisoires. Elle coïncide avec le début de la construction du camp Philip Morris en 1945.

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Dans son discours inaugural, Alban Bruneau, le maire de Gonfreville rappelle que « ce sont les Américains, venus libérer la France, qui ont construit les camps cigarettes pour préparer leur départ ». Leur nom devait permettre de dissimuler leur localisation, tout en évoquant aux soldats l’abondance de leur lointain pays. C’est à partir de 1947 que les constructions ont été récupérées par la municipalité pour pallier la pénurie de logements consécutive aux bombardements. Gonfreville-l’Orcher n’a pas été épargné. D’anciens habitants très émus ont évoqué les conditions de vie difficiles : « Les camps étaient mal isolés, il y faisait froid. » Ces structures ont perduré jusqu’en 1980. La mémoire de cette période aurait pu disparaître sans la création en 2005 de l’Association Gonfrevillaise des Cités Provisoires, présidée par Jean-Michel Burette. Il a lui-même grandi dans ces bâtiments dont deux sont aujourd’hui transformés en musée.

La mémoire des anciennes solidarités

C’est à l’initiative de l’ancien maire, aujourd’hui député, Jean-Paul Lecoq, qu’un projet est mis sur pied pour conserver cette mémoire au cœur de l’histoire de la ville : « Je me souviens des longues discussions avec Jacques Eberhard » qui a été le maire entre 1953 et 1978. Mais c’est dans ces conditions de vie difficiles que s’est constitué l’esprit particulier de la ville de Gonfreville. Alban Bruneau explique : « Les conditions de vie compliquées ont aussi permis à un esprit de solidarité et à un collectif d’entraide de se développer. Grâce à l’association et à cette Maison du Patrimoine, cette mémoire semble aujourd’hui être sous bonne garde. » Un film intitulé La mémoire en fumée ainsi qu’un livre de l’historien Georges Barzman viennent compléter ce travail.

Une reconstitution du quotidien de l’époque

Le musée occupe deux baraquements d’origine qui ont été rénovés. Le premier est une reconstitution d’un habitat d’époque. Il permet de voir de quelle manière les habitants vivaient en ce temps. Il y a des tables en formica, une vieille radio et un marquage au sol qui délimite les pièces. « Il manque deux choses dans la reconstitution, plaisante Jean-Paul Lecoq. D’abord le journal L’Humanité qui est le symbole du passé ouvrier de la ville, et ensuite l’odeur du pot-au-feu. » Le deuxième bâtiment raconte dans le détail l’histoire de cette période et le fonctionnement du quartier de 1947 jusqu’en 1980, une évocation illustrée par de nombreuses photos.

La Maison du Patrimoine est ouverte au public tous les mercredis de 14 h 30 à 17 h jusqu’au mois de septembre. Elle se situe au numéro 2 de l’avenue du 8-Mai-1945.

 

Gonfreville-l’Orcher, mémoire des cités provisoires : regard géographique sur un projet de mémoire orale

Cet ouvrage publié en 2007, est le fruit d’une réflexion menée par les deux régions Haute et Basse Normandie lors du colloque sur la mémoire orale (9 et 10 décembre 2005).

Dans notre pays de droit et de tradition écrits, le rôle formidable joué par la mémoire orale a trop longtemps été négligé. Aujourd’hui, au contraire, on assiste à une inflation du phénomène de mémoire qui rejoint et, parfois même, envahit l’actualité. 

Pour lire le texte concernant les cités provisoires de Gonfreville l’Orcher, cliquez sur l’image

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