APLEMONT SE RACONTE

Au Havre, le quartier d’Aplemont se raconte tout l’été 2020,
avec « Mémoires de quartiers »
Culture :
Dans le cadre du projet « Mémoires de quartiers », La Fabrique Aplemont propose cet été des balades guidées gratuites autour de l’histoire de cette partie du Havre.

Publié par Paris-Normandie

PN

S’inscrivant dans le projet « Mémoires de quartiers », La Fabrique Aplemont a mis sur pied cet été des balades guidées et gratuites à la découverte de l’histoire du quartier. Elles sont animées par Michel Laurent, directeur à la Ville de la Vie sociale des territoires, et deux érudits amoureux d’Aplemont, Jean-Pierre Le Guyader et Gérard Leménager. Trois circuits ont été programmés pour évoquer le passé d’Aplemont, de l’époque féodale à nos jours. Retour sur le deuxième, qui avait lieu ce jeudi 23 juillet.

Michel Laurent et Jean-Pierre Le Guyader ont présenté, tout au long d’un parcours qui durait une heure et demie, des documents élaborés par le troisième. « Gérard Leménager, c’est l’historien du quartier ! » précisait le premier. Les exposés qui avaient lieu à chaque halte étaient aussi agrémentés de textes avec témoignages et souvenirs, et les questions étaient les bienvenues. Dans le groupe, fort d’une trentaine de personnes, on notait la présence de Havrais de divers quartiers, certains ayant déjà fait auparavant des visites similaires.

L’émergence des cités-jardins

La visite guidée commence à la stèle érigée en mémoire de Léon Lioust, un résistant fusillé à 27 ans en 1941. « Ici, c’était le bois des Hallates », rappelle Michel Laurent, qui évoque l’œuvre d’Émile Dupont, un pionnier du logement social au Havre et qui a impulsé un mouvement voyant la création de maisons individuelles, puis de jardins et de cabanes et l’émergence d’une première cité-jardin. Il est aussi question de ces « constructions disparates » qui continuent aujourd’hui à contribuer au charme d’Aplemont. Dans les années 50, on a aussi édifié le groupe scolaire Paul-Bert et l’église Saint-Paul.
Devant le collège Romain-Rolland, le groupe apprend qu’il a été décidé de le détruire pour être reconstruit. C’est ensuite une longue station à l’emplacement de l’ancien fort de Frileuse. Après la guerre de 1870, une quarantaine de familles l’ont occupé, puis il fut transformé en briqueterie. Lecture de témoignages, qui parlent notamment de la « guerre des gosses » et d’une « grande joie de vivre » malgré les situations de pauvreté que connaissaient ces familles.
Rue de la Concorde, voici un terrain livré aux herbes folles : des maisons y ont été détruites, mais d’autres vont leur succéder. Michel Laurent désigne une maison : la seule des cités-jardins d’Aplemont ayant survécu aux bombardements de 1944. Rue des Bleuets, on évoque les actions sociales des années 50 avec la « Cité des urgences » et « l’immeuble de l’abbé Pierre ».
Encore un peu de marche et le groupe s’arrête devant la Maison de quartier. Des témoignages de sinistrés sur les transports publics après la guerre sont lus : les Aplemontais estimaient alors que leur quartier était le plus mal desservi. Un mot sur des immeubles chauffés au bois, puis on rejoint une station-service. Ici, en 1945, on a édifié une chapelle provisoire. Transformée en salle de sport, elle a été détruite en 1964. Fin de la promenade.
Les participants ont aimé !La prochaine balade aura pour intitulé « Saint-Paul et l’aérodrome ». Ce sera le jeudi 6 août à 17 h 30.
Informations et inscriptions à La Fabrique Aplemont, 24 rue des Œillets, tél. 02 35 51 70 20.
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close