FAMILLE GUILLOIS

Histoire et souvenirs de Lydie GUILLOIS

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Les Pays-Bas

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Lydie Guillois et son mari Jaap à Veere,

dans la province de Zélande, sur la côte hollandaise

Il y a quelques mois, de chez moi aux Pays-Bas,  je recherchais sur Internet des renseignements pour une parente d’Aplemont. C’est alors que je suis tombée sur le site « Au coin de l’Avenue » de Serge et Philippe.

L’Avenue Dal-Piaz, je connais ; j’y ai vécu de ma naissance, en 1954, jusqu’à mes 14 ans (chez ma grand-mère Jenny Guillois, au 36), et mes grands-parents Loisel habitaient au 25. J’ai donc pris contact avec Philippe et Serge. Je suis toujours restée attachée à ce petit coin, même s’il y a longtemps que j’ai quitté l’avenue et même la France  puisque je vis aux Pays-Bas depuis 1976.

Une de mes amies havraises s’est mariée à un Néerlandais, c’est à leur mariage que j’ai rencontré celui qui m’a fait partir là-bas…. Mon mari est originaire du Nord, de la province de la Frise (Friesland, Leeuwarden sur la carte), et nous avons vécu longtemps dans la ville de Groningen, au Nord également.

 Nous avons dû déménager vers le Sud, pas très loin de la Belgique, pour le travail. Nous habitons maintenant à Melick, un petit village à environ 30 mn au-dessus de Maastricht. C’est une des seules régions des Pays-Bas où il y a des collines, ça ressemble un peu à la Normandie. Et je suis tout près de la francophonie, à une heure de Liège, où je me rends régulièrement, pour le plaisir de parler et d’entendre le français.

En France, on me demande souvent si nous avons beaucoup de neige aux Pays-Bas. Non ! Dans le Nord, dans la région d’où vient mon mari  il y a un évènement sportif très populaire: quand les canaux sont gelés, il y a une compétition de patinage, « Le Tour des 11 villes », plus de 200km à patins à glace en une journée.  C’est la folie, toute  la Hollande se retrouve là-bas. J’adore l’ambiance ! Mais le dernier tour a eu lieu en 1997, les canaux ne gèlent plus.  Les hivers sont doux, pluvieux, et l’été, nous avons aussi droit à la canicule.  On voit s’installer de plus en plus de vignobles dans le pays de la bière,  c’est tout dire….

J’ai toujours de la famille et des amis en Normandie, ce qui me permet de me rendre souvent au Havre.  Aplemont, Caucriauville, Sainte-Cécile, Harfleur, la famille ne s’est pas vraiment  beaucoup dispersée. Tant mieux, car je suis restée attachée au Havre et au quartier d’Aplemont. Mon mari et nos deux filles connaissent l’avenue, je les y ai souvent emmenés !

Mes grands-parents ayant habité le quartier depuis le début des années 30, j’espère contribuer un peu à l’histoire de ce quartier.

Lydie GUILLOIS


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MICAUX

Les Annuaires Micaux sont une source utile pour essayer de recenser les habitants du Havre. Ils ne sont pas toujours justes et ils doivent être vérifiés mais pour ce type de recherche, ils sont indispensables. De 1931 à 1974 (année du dernier annuaire- de 1939 à 1949, pas d’annuaire ), les noms GUILLOIS et LOISEL apparaissent. Il est nécessaire de retrancher une année pour avoir la réalité des recensements.

 Micaux 1931 :  avenue DP sans aucune numérotation, elle va de la rue de l’Abbaye à la rue des Mouettes, pas de GUILLOIS ni de LOISEL

Micaux 1932: avenue DP numérotée, elle va de la rue de l’Abbaye au N°38, au N° 25 GOUPIL , au N° 36 GUILLOIS

Micaux 1933 et 1934 : au N° 25 GOUPIL , au N° 36 GUILLOIS

Micaux 1935, 1936, 1937, 1938 et 1939 : au N°25 LAZOU, au N° 36 GUILLOIS

Micaux 1950 : au N°25 LOISEL, au N° 36 GUILLOIS-CRESSENT

Micaux 1960 : au N°25 LOISEL, au N° 36  GUILLOIS

Micaux 1974 : au N°25 LOISEL, au N° 36  GUILLOIS Jenny

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Originaires de Basse-Normandie, les époux Edouard et Jenny Guillois, mariés en  1919,  ont d’abord habité à Sanvic. Edouard travaillait aux cuisines de la Transat, sur les paquebots de la compagnie.

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Edouard Guillois , navigateur pour la Transat sur un paquebot, et l’équipe de cuisine

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Ensuite, ils ont fait partie des premiers habitants de l’Avenue DAL PIAZ. Ma grand-mère, Jenny Guillois a vécu près de 50 ans au N° 36 avenue Dal-Piaz, de 1932, jusqu’à sa disparition en 1982.

C’est en 1932 que les premiers Guillois, Edouard, Jenny, et leurs enfants Lucette et Louis sont venus s’y installer.  En 1951, Louis s’est marié avec Jeannine Loisel, du N° 25 de l’avenue Dal-Piaz . Le couple et les trois enfants, Lydie (1954), Brigitte (1956) et Philippe (1960) ont vécu au N° 36, jusqu’en 1968.  Trois générations de la famille Guillois ont donc à un moment donné vécu ensemble dans la maison.

Pendant les années d’après-guerre, la priorité étant donnée à la reconstruction de la ville,  les jeunes couples étaient obligés de rester chez leurs (beaux-)parents, il n’y avait pas assez de logements.

Louis et Jeannine Guillois et leurs enfants ont déménagé à Rouelles en 1968, mais il sont revenus sur Aplemont en 1972, rue de Balzac.

Ma grand-mère, Jenny Guillois aura donc vécu près de 50 ans au N° 36 avenue Dal-Piaz, de 1932, jusqu’à sa disparition en 1982. 

A partir de 1932
Edouard Guillois (1892-1940)
Jenny Guillois (1897-1982)
leurs deux enfants :
                        Lucette Guillois (-1918)
                        Louis Guillois (1929-1990)

A partir de 1952
Louis Guillois  (1929-1990)
Jeannine Guillois-Loisel (1931-)
Leurs trois enfants
Lydie Guillois (1954)
Brigitte Guillois (1956)
Philippe Guillois (1960)

Parmi les pionniers : Les années  30 et 40

M. Bragance « Mimile » Antillais d’origine , son épouse et les deux enfants Jeanine et Bernard, habitaient au N° 34.  Emile Bragance travaillait à la transat, sur les paquebots de la compagnie. Quand plus tard, est passée à la télévision la série « les petites canailles », mon père (Louis) disait que ça lui rappelait les 400 coups que lui et Bernard Bragance ont fait dans les années 30, les deux petits garçons étaient copains. 

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Début années 30 : Les enfants Bragance (Jeanine et Bernard ) et Louis Guillois (Tit’Louis), dans le jardin du N° 34, je pense.

PETITES CANAILLES

Les Petites Canailles. En France la série a été diffusée à partir du 25 novembre 1962, sur RTF Télévision , à raison de deux épisodes à la fois, le dimanche, vers 19 h 25.

Note : Dans le livre Au fil du temps, p.41, photo « Fête dans le verger du foyer transat », je vois une petite fille antillaise sur le devant avec un beau nœud blanc, je me demande si ce n’est pas Jeanine Bragance ?
Je me demande aussi si la date de cette photo de fête du foyer, qui illustre la fête du 14 juin 1930, est correcte, car cela ne correspondrait pas avec l’âge des enfants sur la photo 2, mon père est né en 1929, la petite fille a à peu près le même âge, en 1930 elle n’aurait eu qu’un ou deux ans ???                                                                  
A voir !

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Mme Bragance, Jenny Guillois, les enfants Bragance et Louis. Derrière, on voit le champ, l’avenue semble s’arrêter là. Les maris naviguaient, leurs épouses étaient bonnes voisines.

Plus tard, mon frère Philippe se souvient de Mr Bragance à la retraite, qui travaillait dans son jardin avec une veste de la Transat sur le dos. Je me souviens aussi de peaux de lapins qui séchaient à l’étente à linge, il avait des clapiers et comme chez mon grand-père Loisel, le lapin faisait partie du menu, mais plutôt pour les jours de fête. Je ne me souviens pas les avoir vu trucider lapins et poules, mais c’est sûr qu’ils le faisaient eux-mêmes.

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Louis dans le jardin du 36 derrière. Milieu années 30

Louis est allé à l’école des Bouleaux, l’ancien nom de l’école Maurice Bouchor. Le maître d’école n’hésitait pas à mettre des claques aux enfants, sur le cou par exemple en passant derrière eux. Les élèves utilisaient pour écrire des portes-plumes en bois avec des plumes métalliques qu’on trempait dans  l’encre violette de l’encrier sur le pupitre.  Mon père dit avoir coincé une plume la pointe en haut entre ses doigts, il a croisé les mains sur sa nuque, et quand le maître lui a « refilé une taloche », il s’est pris la plume dans la paume de la main.  La punition a dû être corsée….
Pendant la guerre, lorsque Louis a été évacué , un avion anglais a été abattu. Lui et ses copains seraient allés chercher de l’huile du moteur pour s’en servir de brillantine à cheveux.

Malheureusement, mon grand-père Edouard Guillois est mort jeune, en 1940.  Il avait fait la guerre 14-18, et avait été fait prisonnier au Bois des Caures en 1916 et  déporté à Cassel, en Allemagne.
La famille Loisel, qui a déménagé en 1940/41 ( ?) au N° 25 de l’avenue, était présente dès les débuts du quartier, car elle a d’abord habité au 5 ou 6 rue des Hérons,  les jardins Guillois-Loisel étaient mitoyens par le fond. La famille Loisel a été paraît-il d’un grand soutien pendant la maladie d’Edouard, et la période de deuil qui a suivi.

Les enfants Lucette et Louis ont grandi dans le quartier jusqu’à leurs mariages respectifs.

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Louis sur les marches du N° 36

ADP36-LouisGuillois+copains2Tit Louis à droite, et ses copains. Des gars du quartier ?

Mon père s’appelait Louis, avec divers surnoms. Tit’louis, le grand rouquin, tête d’or (au foot).  Les copains et voisins du même âge s’appelaient Tit’Ro (Roger, Roland, Robert ??), Tit’Bert, Tit’zef (Joseph), Georges devenait JoJo.
Ma tante Lucette, coiffeuse à domicile coiffait la femme du patron de la briquerie, mme Baron.

Devenue veuve en 1940, ma grand-mère Jenny  Guillois a travaillé dans un magasin de meubles rue Aristide Briand jusqu’à sa retraite. Elle travaillait dans le magasin , et dans le dépôt de meubles à l’Observatoire. Elle se rendait à son travail par le trolleybus, mais elle a souvent fait le trajet à pied, en descendant et remontant par l’escalier roulant ou par les escaliers Jean Valjean. A la retraite, elle s’occupait du jardin, et brodait des canevas. Avec les draps ou serviettes usées, elle faisait des « loques », elle découpait les vieux tissus en carrés qu’elle ourlait à la main, et elle s’en servait pour faire le ménage.

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Jenny dans le jardin derrière, avec vue sur le champ et l’immeuble de l’Abbé Pierre

Ma tante, Lucette Guillois s’est mariée à Raymond Cressent, ils ont vécu quelque temps au N° 36.  Par la suite, ils ont déménagé dans la région parisienne.

Les années 50-60

En  1952 Louis Guillois et Jeannine Loisel , du N° 25 de l’avenue Dal-Piaz se sont mariés. Ils se connaissaient depuis l’enfance, puisque les Loisel ont d’abord habité rue des Hérons, et les jardins étaient mitoyens par le fond. Le jeune couple et leurs trois enfants ont vécu au N° 36 jusqu’en 1968. Après les bombardements pendant la seconde guerre mondiale, il n’y avait pas assez de logements pour les jeunes , qui devaient trouver des solutions de fortune, comme s’installer chez les parents ou beaux-parents. Pour nous les enfants, la cohabitation forcée dûe à la guerre, c’ était formidable. On avait du monde autour de nous, non seulement on avait « mémé Guillois « avec nous au N° 36, mais on avait aussi « pépère et mémé Foncine » au N° 25. Chaque dimanche, Jenny faisait une tarte. Elle nous laissait toujours des morceaux de pâte et on faisait nos petits biscuits avec elle.  Quand nous avons  déménagé à Rouelles en 1968, Jenny a repris les pièces du devant.
Nous sommes nés tous les trois à cette époque, Lydie en 1954, Brigitte en 1956, et Philippe en 1960.

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Lydie devant la maison

Nous avons passé notre petite enfance avenue Dal-Piaz et dans les rues adjacentes, nos grands-parents Loisel habitant au N° 25, et notre oncle Georges Loisel ayant déménagé dans l’immeuble de la Rue des Grives.
Louis est devenu préposé aux PTT. Pendant des années, il a fait  sa tournée de facteur à Sanvic.  Il partait le matin très tôt sur son vélomoteur, en uniforme PTT, la casquette  sur la tête, la sacoche en bandoulière. Cette sacoche, je l’ai toujours chez moi.  Jeune fille, Jeannine a fait des travaux de secrétariat. Elle est restée femme au foyer pendant les années Dal-Piaz. Louis faisait partie de l’équipe PTT de foot, les couleurs étaient le rouge et le noir. Je me souviens de la chanson « non non non non les PTT ne sont pas morts, car ils shootent encore, car ils shootent encore ». J’ai encore la mélodie en tête du refrain, après tant d’années , mais je ne sais plus s’il y avait des couplets.

La maison

Louis, très bon bricoleur, avait avec des collègues et copains construit derrière la maison une dépendance, grande pièce supplémentaire attenant aux pièces donnant dans le jardin derrière. En ont-ils demandé l’autorisation au loueur ?? Tout ce qu’on a ajouté, fabriqué nous-mêmes est resté jusqu’à la mort de Jenny en 1982.
La maison ainsi agrandie a été divisée en deux, Jenny habitait les pièces de derrière,  et le couple et ses trois enfants avaient les pièces de devant et une derrière. Les pièces étaient petites, mais il y avait quand même deux logements autonomes. L’entrée était commune. C’était tellement petit,  nous n’avions pas de banquette ou de fauteuils. La cuisine se faisait au butagaz, mais je ne sais plus si les bouteilles de gaz étaient livrées, on n’avait pas de voiture pour aller les chercher . On faisait les devoirs à la table à manger, ou dans la chambre à coucher, une seule  pour les trois enfants.
Quand du monde passait, on s’asseyait autour de la table.
Quand on a eu la télévision,  on regardait assis sur les chaises autour de la table.

La toilette

Il y avait une minuscule salle de bain dans la partie de la maison où habitait Jenny, mais la toilette était faite la plupart du temps dans la toute petite cuisine. C’était chaque semaine le drame quand il fallait se laver les cheveux dans l’évier, sous le chauffe-eau au gaz. Ma sœur et moi, nous avions les cheveux toujours coupés très courts, peut-être parce que c’était plus facile dans cet endroit très réduit ?  Il n’y avait pas de toilettes, juste un petit coin , on vidait régulièrement la petite tinette sur le tas de fumier sur le côté du jardin, le tout était composté et resservait comme engrais une fois décomposé.

Le chauffage

Dans les années 60, la maison était chauffée au charbon. Ma sœur Brigitte  se souvient :
« je me rappelle aussi que mémé Guillois avait une installation de chauffage central au charbon. le « charbonnier » livrait des sacs de charbon, il avait un grand sac de toile de jute sur la tête. il y avait aussi le rémouleur qui passait pour aiguiser les couteaux et ciseaux »  
Le charbon était entreposé dans le cabanon, construit par Louis derrière la maison.  Plus tard, on s’est chauffé au fioul, le  poêle était dans la salle à manger. La pièce embaumait le fioul  quand on le remplissait.  

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Un livreur de charbon

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Le chauffage au charbon

Les jeux

Je me souviens que nous étions souvent envoyés à jouer dehors,  on ne  jouait pas avec les copains et les copines à l’intérieur.  On avait le champ à notre disposition, et dans les années 60, il roulait très peu de voitures, dehors on avait la place.  Nous les filles, on sautait à la corde, plus tard à l’élastique, on faisait du patin à roulettes, on jouait à cache-cache dans le bois des aubépines, un petit  bosquet près de l’immeuble de l’abbé Pierre, qui a disparu il y a très longtemps. On faisait des tentes avec des vieux draps et des vieux rideaux dans la cour.  Il y a eu la mode des scoubidous, qu’on faisait nous-mêmes avec des fils de plastic, j’étais championne ! On  était très expertes à faire du hula hoop (on prononçait youlahoup) , le cerceau de couleur qu’il fallait faire tourner autour de la taille. On trouvait ça normal, d’être toujours dehors.  

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Patins à roulettes, corde à sauter …

… Hula Hoop

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Les jeux de l’époque

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Diabolo…

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Nourriture

Le jardin était grand. On y cultivait de tout : des pommes de terre, oignons, carottes , haricots, poireaux. La rhubarbe poussait tout près du tas de fumier. On cueillait des groseilles à maquereaux, des cassis, des gades. On nous demandait à nous les enfants d’aller cueillir les fraises pour le dessert, juste avant de se mettre à table. Une fois le repas terminé, on retournait l‘assiette utilisée pour la soupe ou autre, on écrasait une ou deux pierres de sucre avec son verre, et on y trempait les fraises fraîchement cueillies. Un vrai délice !!! Les confitures et gelées étaient faites maison, il y avait souvent des tartes aux fruits ou à la rhubarbe comme desserts. Je me souviens des petits Suisses, un par personne, avec un peu de sucre.
Les légumes qui se gardaient (pommes de terre, oignons, échalottes) étaient placés dans le cabanon pour l’hiver.
Le soir, il nous arrivait de manger  une soupe au lait, du lait chaud sucré dans lequel on faisait tremper des morceaux  de pain.
Dans la semaine, souvent des frites (faites maison) avec une tranche de pâté, de la purée,  du pot-au feu, du poisson avec beaucoup de crème. Le dimanche, des plats de crudités joliment préparés, comme entrée,  du poulet, ou du rôti de porc ou de bœuf. On achetait la viande chez le boucher de la rue des Hallates, et on faisait les courses au Coop, au coin de cette même rue.
Mon frère Philippe se rappelle du livreur de poisson qui passait avec sa camionnette, et qui emballait le poisson dans du papier journal.  On achetait le pain chez M. et Mme Auger, en face de la boucherie de la rue des Hallates. On faisait tout ça à pied et on s’arrêtait dans une toute petite épicerie de cette rue où on achetait des bonbons, des carambars et des roudoudous qu’on léchait, quand on avait « des sous ».

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On y vendait aussi du lait caillé en vrac, auquel on ajoutait un peu de sucre. On buvait l’eau du robinet quand on avait soif. Le matin, un chocolat chaud dans lequel on trempait le pain beurré-confiture. Exceptionnellement, on avait droit au Vittel-Délice, orange ou citron mais ce n’était certainement pas tous les jours.

VITTEL-DELICES-GAILLARD-EMM.-SODA-AUX-EXTRAITS-NATURELS-DE-FRUITS-DE-LA-VASSELAIS&HELLIP-

Au repas familiaux importants, on nous donnait un peu d’eau rougie (un verre d’eau avec deux gouttes de vin rouge). Ce qui fait dire aux étrangers qu’en France, on apprend aux enfants très jeunes à boire le vin, ce que je trouve un peu exagéré. On faisait aussi le marché à Ste Cécile, au début à pied et plus tard en voiture.

Les vêtements

Ma sœur et moi, nous avons porté des vêtements et des chaussures  de nos deux cousines, mais c’est surtout notre mère Jeannine qui cousait. Les robes et les jupes plissées,  les blouses qu’on portait à l’école, même les manteaux. La mode était aux carreaux. La machine à coudre Singer, une machine verte lourde électrique, trônait sur la table à manger.  Elle tricotait aussi tous nos tricots, avec ou sans jacquard,  les cagoules, les cache-nez. Elle tricotait tellement vite qu’on distinguait à peine les aiguilles. Quand un tricot était trop usé, alors il était détricoté. On récupérait la laine. On en faisait des écheveaux, la corvée, il y avait toujours un gosse à proximité qui devait tendre les bras en avant pour pouvoir  enrouler la laine.
J’étais très fière de mes pantalons fuseau.

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2 patrons de blouses et robes. ma mère m’avait fait la rouge pour aller à l’école, mais en tissu à carreaux, en nylon, comme c’était la mode. Les photos sont surement un peu grandes de format

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Brigitte (à droite), et Lydie, vers 1960

Radio et télévision

poste de TSF

Chez mes grands-parents, le gros poste TSF avait une place centrale dans la maison (il est maintenant dans mon salon ici, en Hollande).  Je ne me rappelle pas en avoir vu un chez nous, il y avait  un transistor. Les parents écoutaient Edith Piaf, les Compagnons de la chanson, Tino Rossi.

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Puis les yéyé ont fait leur apparition. Richard Anthony « j’entends siffler le train », Guy Mardel « N’avoue jamais » , Hervé Vilard « Capri c’est fini » , Frida Boccara , Sheila, Françoise Hardy. Johnny Halliday  chantait : « Retiens la nuit pour nous deux jusqu’à la fin du monde » et nous on rigolait comme des perdus en chantant « Retiens mon slip car l’élastique a pété » sur le même air.

retiens
On entendait Jacques Brel, Georges Brassens, Barbara à la radio et à la télé, mais on n’approfondissait pas encore trop les textes et les messages. Par contre, Jean Ferrat était un grand favori chez nous. Quand nous avons déménagé à Rouelles, on s’est acheté un tourne-disque, il me semble qu’on appelait ça un électrophone ? Les Compagnons de la chanson étaient les préférés.
On n’a pas vraiment vécu l’arrivée des Beatles et des autres chanteurs anglo-saxons, pas de musique classique non plus,  c’était toujours la variété française.
Ma grand-mère Jenny a eu très tôt une télévision. Je ne sais plus pour quelles émissions, mais toute la famille se rassemblait devant le poste. Jenny, mes parents, les enfants  assis par terre. Mes grands-parents Loisel, du N° 25, se joignaient à nous. Par la suite, tout le monde a eu sa propre télévision et chacun regardait chez soi. Les premiers feuilletons, Janique aimée sur son solex, Ivanhoé, et surtout Thierry la Fronde, on ne ratait aucun épisode. Je suis sûre que tous ceux de ma génération connaissent encore les refrains. « je m’appelle Thierry la Fronde …. »

IVAN        Thierry la fronde

Ivanhoé et Thierry la Fronde

J’adorais aussi le concours Eurovision de la chanson, l’inspecteur Bourrel dans Les cinq dernières minutes. On regardait le dimanche à midi La séquence du spectateur, avec des extraits de films , et j’associe pour toujours cette émission à l’odeur du poulet rôti du dimanche.
Quelle chance on a de nos jours de pouvoir retrouver tout ça sur Internet et You Tube.  J’ai une application sur ma mediabox hollandaise, je peux regarder les émission de 5 chaînes françaises à la télé. Sur mon portable, j’ai les applications de deux radios françaises, j’écoute soit en direct, soit en podcast.  Mais l’appareil de  TSF de mes grands-parents trône toujours dans mon salon.

EURO

GIG

Gigliola Cinquetti, gagnante  du Concours Eurovision de la chanson en 1964. Avec Non ho l’età.  En noir et blanc. Un gros succès, on chantait  des paroles à moitié inventées, qui ressemblaient à de l’Italien, sans rien y comprendre.

Les vacances

Nous avons eu une voiture au milieu des années 60, une Simca 1000 blanche . Ma mère Jeannine a appris à conduire peu après mon père. La voiture est devenue indispensable pour la vie familiale. Dans la seconde moitié des années 60, nous sommes chaque été partis en vacances, à Annecy, dans les Alpes, dans les Landes, et même jusqu’en Andorre. Nous campions, le matériel était dans la remorque accrochée à la voiture. C’était trop cher de s’arrêter en route, alors on la faisait d’une traite. A chaque fois qu’hors du département de Seine maritime, on rencontrait une voiture immatriculée 76, tout le monde claxonnait  pour se saluer. 

1000

Une Simca 1000

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De gauche à droite :

Brigitte , Philippe et Lydie vers 1964 dans le jardin derrière la maison

♦ 7 juillet 2020.  Message
Bonjour Monsieur BUQUET,

 

Je me présente je m’appelle Mme BERTRAND Guilaine et je suis la fille de Mme BERTRAND BRAGANCE Jeannine,

Je suis tombée par hasard sur le livre au coin de l’avenue de la famille GUILLOIS,  et je peux vous éclairer sur certains points.

  • Sur la photo où figure ma mère avec son nœud dans les cheveux, elle devait avoir 4 ou 5 ans et mon oncle son frère un an de moins.
  • Ma mère est née le 07/03/29 et décédée le 13/04/2020.
  • Mon oncle est née le 26/07/30 et décédé le 26/02/2019.

Je garde de très bons souvenirs au 34 avenue DAL PIAZ, mon grand-père est resté jusqu’à sa mort le 11 mars 1987 et ma grand-mère jusqu’au 1er juillet 1980.

Dans l’attente de vous lire

Mme BERTRAND GUILAINE

La photo concernée :

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Début années 30 : Les enfants BRAGANCE (Jeanine et Bernard ) et Louis GUILLOIS (Tit’Louis)

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