SERGE

Iconographie personnelle et internet

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Jean-Claude DROUOT dans le rôle de Thierry la Fronde

– La cabane de Thierry la Fronde

Eric PENOT, mon jeune cousin de Paris, avait sa propre définition de ce qu’était notre baraquement de l’avenue DAL PIAZ ; c’était la cabane de son héros de télévision, Thierry la Fronde.

– Comme le 74e Régiment d’infanterie*

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Carte postale du Fort de Tourneville

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Enfant, dans les années 60, voir des militaires passer près de chez soi, c’était quelque chose ! Mes copains et moi, nous étions émerveillés lorsque les camions militaires, venant du Fort de Tourneville, passaient en convoi rue de l’Abbaye (aujourd’hui rue Pablo Neruda). Voir les militaires assis à l’arrière, dans les camions débâchés était pour nous un spectacle.

Spectacle qu’il nous est arrivé de « copier » en « jouant » à la guerre. L’un des enfants de la bande avait un père conducteur de camion de chantier** et un été, il nous a transporté dans sa benne basculante. Nous étions une dizaine assis comme l’étaient les soldats, du début de l’avenue Dal Piaz au terrain (qui n’existe plus) derrière la rue des mouettes, face au dispensaire de l’époque (et aujourd’hui Centre médico-social, 3 Avenue THIRE Et BONFAIT). Avec nos fusils en bois ou en plastique, nous étions comme ces héros de l’armée que nous pouvions voir passer très souvent.

 

* À partir de 1963, le 74e R.I réapparait au fort de Tourneville sur les hauteurs du havre, spécialisé dans l’apprentissage commando, les lieux et le fort de Saint Adresse à proximité s’y prêtant. Il a servi de charnière entre les méthodes issues de la guerre d’Algérie et d’Indochine et les nouvelles techniques de combat adaptées à la situation internationale.

** Peut-être de l’entreprise Palfray située 19 rue Ludovic Halévy

– Les héros de la télévision

Peu de télévision existaient dans le quartier mais cela n’empêchait pas les gamins de connaître tous les héros dont les aventures passaient sur le petit écran aux images noires et blanches. Parfois, j’avais la chance d’aller voir la Piste aux étoiles, présenté par Roger LANZAC, chez Mme AUBOURG (1 avenue Dal Piaz). Je me rappelle avoir passé quelques jeudis après-midi avec les clowns BARIO, Rintintin et  Zorro chez Philippe Masselin (4 avenue Dal Piaz).

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Les clowns Bario

Plus tard, il y aura les deux films du dimanche après-midi chez Claude TROUVE (Pour moi c’était Jean-Claude !!!), 12 avenue Dal Piaz). Ses parents avaient acheté une sorte de plaque de verre (selon mes souvenirs) qui était posée sur l’écran télévisé et qui était censé apporter la couleur manquante… Ce n’était pas terrible mais nous rêvions de chevauchées fantastiques avec les indiens ou les chevaliers. C’était à qui serait Ivanhoé, Thierry la Fronde, Zorro ou Cochise.

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Zorro (Guy WILLIAMS), Ivanhoé (Roger MOORE)

– La Vache qui rit

Philippe ne s’en souvient plus mais c’est bien son père qui nous avait montré la transformation d’une tête de vache en celle du général De GAULLE, Président de la république depuis 1958.  Cela avait eu un gros succès, tout y était, même les deux étoiles de son grade.

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– Le Royal cinéma

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Comme le raconte si bien Eddy MITCHELL dans sa chanson, le cinéma de quartier c’était quelque chose ! C’était une véritable sortie et du début à la fin, nous en prenions plein les mirettes.

Place Sainte Cécile, Place de la Liberté aujourd’hui, il y avait le « Royal-Cinéma », nous pouvions y voir quelques grands films d’aventures , des péplums ou des films comiques.

En attendant le film principal, le rideau publicitaire servait à jouer pour les enfants. En donnant la première et dernière lettre d’un mot écrit sur celui-ci, il fallait découvrir ce dernier. Le premier qui découvrait ce mot avait gagné.

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Je me souviens avoir accompagné mes cousins Denis et Philippe pour aller voir Robin des Bois avec Errol FLYNN. Une autre fois, c’était un James BOND, mais lequel, je ne me souviens plus.

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Photos : http://aplemontphoto.blogspot.fr/2010/06/royal-cinema.html

– Sous le contrôle du quartier

Avenue Dal Piaz, c’était simple, que vous soyez chez vous ou bien, à l’autre bout du quartier (dans la limite de ce qu’il était possible de franchir), l’on vous connaissait. Donc, un gros mot qui sortait de votre bouche, une bêtise faite en bande ou pas, il y avait toujours une mère ou un père pour vous rappeler à l’ordre et pas question de se rebiffer sinon c’était direct, chez les parents et là, la punition tombait. On imagine mal aujourd’hui, un enfant se faire tancer de bonne manière sans que ses propres parents ne viennent voir le mécontent pour lui dire de se mêler de ses affaires.

En fait, n’importe où dans ce quartier, comme j’imagine dans les autres quartiers, un enfant était placé sous la responsabilité ou la surveillance des autres parents. Ce qui n’empêchaient aucunement les bêtises mais nous n’entendions pas les « Connard » et autres mots d’oiseaux qui émaillent les jeux d’aujourd’hui, principalement les matchs de foot entre copains.

– La brique

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L’automne et l’hiver, il y avait un rituel quotidien, celui de la brique réfractaire. Pas de radiateur, pas de chauffage électrique mais un bon vieux fourneau qui servait autant pour la cuisine de la grand-mère que pour chauffer la maison.

Le soir, avant d’aller au lit, on posait sa brique sur le fourneau ou à l’intérieur de celui-ci, ensuite on l’enveloppait dans une vieille serviette (pour Philippe, c’était d’abord dans du papier journal) et l’on glissait le tout au fond de son lit avant de s’y plonger soi-même. La chaleur était instantanée.

– Pot au feu et radis

Rentrer de l’école et se faire un casse-croûte avec des radis ramassés dans le jardin même, qu’est-ce-que c’était bon !

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Mais moins que le pot-au-feu du dimanche, l’hiver. A 4h (16 h), prendre un bon morceau de pain, resté frais malgré qu’il soit de la veille, le beurrer et y ajouter un morceau de viande de pot-au-feu du midi, c’est un plaisir que j’ai souvent renouvelé.

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– Tenue de football

J’aurais l’occasion d’en parler à un autre moment, ma grand-mère avait une amie, Mandine. Je ne sais pas dans quelle circonstance, elles s’étaient connues mais il arrivait assez souvent que cette dame, très gentille par ailleurs, rende visite à ma grand-mère. Une fois, elle lui avait amené un maillot, un short et de grands chaussettes de football. Il pleuvait mais j’étais (seul) dehors à jouer avec un ballon et mon nouvel équipement. Je me rappelle que c’était un maillot vert.

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– Café du matin

Rendez-vous incontournable, le café du matin pour ma grand-mère et madame AUBOURG. Un jour chez l’une et un jour chez l’autre.

– Traction et chapeau

 

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Au coin de la rue de la Laiterie et de la rue Ludovic HALEVY, s’élevait une belle maison. Deux garçons y habitaient. Etaient-ils toujours là, je n’en suis pas sur. Une fois, ils jouaient dehors avec une caisse à savon montée sur des roues de poussette à l’avant et des roues de landau à l’arrière. Ce jour-là, leur célébrité était assuré. Et pour les enfants du quartier, c’était à celui qui aurait la plus belle voiture en bois.

Philippe, lui se rappelle que le monsieur qui habitait là avait une traction et portait un chapeau. Des marques d’une aisance certaine.

Dans l’annuaire MICAUX de 1968, c’est un certain LE BOURZEC Julien, brigadier de police qui habite à cette adresse. Est-ce lui ?

– Caïd ou Bulldozer

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Un souvenir n’est pas toujours quelque chose de fiable. Des années après l’évènement, les  personnes impliquées peuvent avoir une interprétation différente des faits qu’ils ont, pourtant vécus ensemble.

C’est le cas dans cette petite anecdote. En maternelle, toujours à l’école Maurice BOUCHOR, Serge et Philippe (dans la même classe ?) étaient appelés « Les caïds » pour Serge et « Les Bulldozers » pour Philippe !!!

Non pas en raison d’un caractère violent ou d’un comportement difficile mais bien par leur taille  dépassant celle de leurs camarades de classe.

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– La mandarine de Noël

Le repas de Noël, à l’école primaire Maurice BOUCHOR, devait se dérouler le dernier jour d’école du mois de décembre (évidemment), juste avant les vacances de Noël. Je me souviens d’une ambiance spéciale, c’était vraiment Noël comme nous en avons des images traditionnelles. La neige était souvent au rendez-vous et la cantine était superbement décorée. Et pour finir nous avions notre mandarine dont le goût m’est toujours resté associé à ce moment.

– Cours particulier

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Gamin, quel élève j’étais, je ne me souviens plus. Le seul carnet qu’il me reste est assez bon mais ma mère a cru nécessaire de me faire prendre des cours particuliers. Je crois que cela se passait dans un immeuble de la rue des saules, mais ce n’est pas certain. Nous étions trois durant ces cours (Français ? Arithmétiques ?), Annie LEMIEUX, Patrick PELLERIN et moi.

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– Noël encore

Chaque année, à la même période le directeur nous passait un film « La fontaine des Lutins ». C’était du super-8, je crois, et il ne fallait pas être placé à côté du projecteur car son ronronnement couvrait parfois le son du film.

J’ai découvert, plus tard, que c’était un film allemand de 1956, réalisé par Eric KOBLER.

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L’histoire était vraiment prenante et fantastique. Cela se passait en Allemagne. Dans la forêt, deux enfants trouvent une fleur étrange. Leur père leur explique que, d’après une légende, cette fleur annonce l’arrivée imminente de lutins, petits hommes qui, la nuit, exécutent le travail des gens du village et font les devoirs des enfants. Mais il ne faut surtout pas les regarder sinon ils disparaissent…

Il y avait un cordonnier qui ne pouvait satisfaire une commande et qui était aidé la nuit par ces lutins qui faisaient son travail. L’ambiance dans une ville fortifiée avec veilleur de nuit qui passait dans les rue  » Dormez en paix, braves gens … ».

Un bon moment !

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L’école élémentaire Maurice BOUCHOR en 2015

– Une superbe DS

Je me souviens de cette magnifique voiture garée en permanence sous le préau de l’école. Elle appartenait au Directeur, Mr PAGES. Souvent présent le matin devant l’imposant portail, lui-même … en imposait aux gosses que nous étions.

Ce n’est peut-être pas ce modèle là mais quand, plus tard, je la vis rouler sur trois roues, je n’en fus pas surpris. Elle était déjà fantastique lorsque j’étais petit.

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– Vinifruit

L’après-midi, à la récréation ou alors à la fin de la classe, il nous était distribué un petit sachet de confiture. On déchirait l’un des coins avec les dents et on aspirait la confiture de raisin. C’était de la vitamine contre les carences d’après-guerre et c’était excellent !

– Retour d’école

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Pourquoi je ne sais plus, peut-être que je raccompagnais un copain, mais ce jour-là, j’effectuais un assez grand détour pour rentrer à la maison. Je me souviens bien avoir ramassé un bon paquet de feuilles et être rentré avenue Dal Piaz avec. Ma grand-mère  me demandant ce que je comptais en faire. En classe, la maîtresse avait dû parler d’herbier et je comptais m’y mettre.

– Petits soldats

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Nous passions le jour de Noël chez mon oncle Claude, rue Socrate. Pour toutes ces sorties, nous partions à pied avec ma grand-mère, ma mère et ma sœur. Je ne me rappelle pas de mon grand-père présent avec nous. Que ce soit pour aller rue des Mouettes ou rue Socrate, c’était à pied, toujours à pied. Il en allait de même pour aller rendre visite à l’oncle Robert, le frère de ma grand-mère qui habitait 35, rue des Iris à Aplemont (aujourd’hui, résidence Floréale). Cela nous permettait de passer devant les magasins et d’admirer les vitrines de la rue Eugène BOUDIN.

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Source : site internet http://www.facebook.com/lehavreinedit

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Pour en revenir à ce Noël chez mes cousins, j’avais eu deux superbes chevaliers Starlux. Ils étaient de toute beauté. Je les voyais déjà installés dans mon château-fort que ma mère m’avait payé, sauf que mon oncle Claude, assez brutal dans ses gestes, les fit tomber tous les deux. Le résultat n’était pas beau à voir, les lances et les épées étaient cassées comme les pattes des chevaux. Ces chevaliers devenaient inutiles. Je pleurais et le fautif les recolla d’une manière si grossière que je n’ai jamais joué avec eux et ils finirent à la poubelle.

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– Petits formats

Dès que je le pouvais, je passais par un petit marchand de journaux à Sainte Cécile. Situé rue du Bois au Coq (actuelle rue Abbé Montier).

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Pour moi, c’était ce pas de porte qui était utilisé comme librairie

Les petits illustrés ( Miki, Swing, Akim, Banzai, Blek le roc …), sur mauvais papier étaient parfois bien dessinés mais c’était tout de même assez rare. Ce n’était pas cher et me permettait d’en acheter plus. Ensuite je les échangeais dans une autre boutique de la rue du Bois-au-coq ( une quincaillerie au 39 de la rue). Tu en ramenais deux et tu en avais un en échange.

Après, je les prêtais à une voisine qui habitait en face de chez nous, au 1 de l’avenue, l’une des filles LEROY, Jocelyne, que l’on appelait Nanou. Elle faisait de même avec ses illustrés. J’ai pu lire des dizaines d’illustrés de cette façon.

Quand à Mickey, je le lisais chez mes cousins de la rue Socrate. Les trois garçons étaient dans une seule et même chambre (lit superposés) et je trouvais ça génial. Eux moins ! Après le repas, toujours trop long, je filais dans leur chambre et je m’emparais de la pile de Mickey et plongeais dans les aventures de Donald, Tic et Tac, Dingo ou bien Vingt mille lieues sous les mers,  le film adapté en bande dessinée.

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Plus jeune, lorsque l’on allait chez mon oncle et ma tante, Roland et Evelyne BUQUET, habitant 39 rue des Mouettes (donc pas loin de notre logement), j’appréciais les petits livres pour enfants de leurs filles, mes cousines Danielle et Ghislaine, qui en avait une sacrée collection.

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Danièle et Ghislaine BUQUET

– Dédé, les étrilles et Perry RHODAN

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Mon oncle de Paris, André (Dédé) lorsqu’il venait au Havre, c’était imparable, avait droit à son plat d’étrilles venant directement du port. Il se régalait. De le voir éplucher ça délicatement, prendre son temps et savourer la chair de ces crustacés, nous, les enfants, ça ne nous plaisait pas trop car cela retardait le moment ou nous allions pouvoir quitter la table et aller jouer.

Lors des visites de la famille Penot au Havre, Dédé faisait invariablement une descente chez le bouquiniste du Rond-Point, Mr BALY. C’était pour son fils ainé, Eric et moi, un autre moment riche en découvertes. C’est là que j’ai découvert la science-fiction avec la série des aventures de Perry RHODAN.

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Cette série raconte l’épopée d’un astronaute américain qui part en reconnaissance sur la Lune. Il y trouve alors un vaisseau extraterrestre. Les êtres de ce vaisseau sont des Arkonides qui ont besoin d’une aide médicale. Rhodan emmène Krest, l’Arkonide malade, sur Terre. En contrepartie, les Arkonides donnent à Rhodan, ainsi qu’à son ami Reginald Bull, la connaissance et la technologie acquise par ce peuple. Rhodan, à son retour sur Terre, refuse d’avantager un des blocs en présence (Chine, URSS et États-Unis) en lui remettant les technologies nouvelles révélées par les Arkonides. Il crée dans le désert de Gobi un territoire indépendant : la « Troisième Force », qui met fin à la guerre froide.

Je me souviens aussi que c’était un philatéliste chevronné et que ma grand-mère lui conservait les enveloppes ou les cartes postales qu’elle recevait. Il collectionnait aussi les Flammes de la poste. Il lisait beaucoup et était toujours très intéressant à écouter.

– Tenue de dimanche

Ma mère m’avait acheté un imperméable nylon avec béret de la même matière. La couleur était improbable mais pour moi, le dimanche matin, certainement l’année de ma communion, c’était une horreur de mettre  ce vêtement. Donc, je descendais l’escalier du baraquement, pour partir à la messe à l’église St Paul d’Aplemont, l’imper sur le dos et dès que j’étais dans la petite cour, je le retirais prestement, le roulais en boule et l’enfonçais dans la haie qui bordait la cour. Jamais je ne me suis fait prendre; la voisine, Mme AUBOURG, qui avait vu mon manège, ne m’a jamais « dénoncé ».

– Catéchisme

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Le catéchisme ça me plaisait bien. C’était de l’histoire et j’adorais l’histoire. Trois ans de catéchisme si je me souviens bien, dont deux avec une dame qui habitait dans l’un des bâtiments bordant la tour Robinson et l’autre, ce devait être un des curés de la paroisse. Ces deux là ne m’étaient pas trop sympathiques (cette dame m’avait disputé parce que j’avais dessiné Jésus devant un poêle à bois comme celui que l’on avait au baraquement et qui évidemment n’existait pas à l’époque de Jésus – qui lui-même … mais ça, c’est une autre histoire).          

Par contre, la première année de catéchisme était faite par Mme MARE, habitant au 45 de la rue des Mouettes. Cette dame savait raconter des histoires et t’intéresser à la religion grâce à sa gentillesse. Et puis, quand je repartais avec mon journal « Fripounet et Marisette » sous le bras, quel bonheur !

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Cela se passait après l’école, peut être le mercredi soir. Je partais avec Christian COJEAN, en classe avec moi à l’école Maurice BOUCHOR. Nous passions devant chez lui où il récupérait alors son casse-croûte du « 4h » et nous nous rendions chez Mme MARE.

Je me souviens d’une fois, ou plusieurs des enfants du groupe avaient dû marcher dans du goudron frais et nous avons laissé nos empreintes sur le lino de la salle de Mme MARE. Ce jour là, elle était moins gentille … mais, bon, ça se comprenait.

L’hiver, même s’il n’y avait pas une grande distance entre la rue des Mouettes et le baraquement, c’était tout un monde qui s’ouvrait à moi et il m’arrivait d’avoir plutôt peur. Les grands arbres et la nuit faisaient de mon retour à la maison, une véritable aventure. Après, quel plaisir de se jeter sur son lit et de lire les aventures de Moky et Poupy dans Fripounet !

Pour rester dans le religieux, à un Noël, le curé nous avait demandé de faire une crêche. J’étais chez un copain du quartier, Patrick PELLERIN avec Annie LEMIEUX, afin de couper, coller la crèche issue de notre magazine préféré. Je ne me souviens plus du résultat mais ça ne m’a pas laissé un grand souvenir de beauté et de perfection.

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Tout en haut, au milieu, Patrick PELLERIN (2) et  Serge BUQUET (1)

Au troisième rang, la petite tête que l’on aperçoit est celle de Christian COJEAN (3) et au-dessus de lui, sur la droite, celle de son grand-frère Jean-Yves COJEAN (4)

Au premier plan, à gauche, Olivier FLEURET qui habitait dans un baraquement rue de la Concorde. Pour la petite histoire, Arthur, le dernier fils de Serge BUQUET  aura pour nourrice Martine FLEURET, mariée à Reynold FLEURET, le frère d’Olivier.

Derrière lui, le visage tourné vers la gauche, Christian PITTE, qui habitait l’un des immeubles de la Tour Robinson.

– L’Abbé PIERRE

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Tout le monde connaissait l’immeuble de l’Abbé Pierre. C’était l’immeuble qui bordait la Rue des Mouettes. Petits, nous ne dépassions pas un périmètre de quelques maisons à compter des nôtres et ensuite, plus âgés, nous évitions de passer devant cet immeuble qui était une source d’ennuis possibles. tout « étranger » à ce secteur était mal vu et pouvait s’attendre à des insultes ou bien des coups. Il ne nous était guère possible de jouer sur le terrain face au dispensaire. Nous étions vite entourés de garnements qui n’avaient rien à voir avec les bandes rivales du film « La guerre des boutons ». Les coups pouvaient tomber rapidement et tes jouets disparaître aussi promptement.

– Le vieux fusil

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Le cousin Denis BUQUET

Dans le cellier, était accroché un vieux fusil (peut-être bien un Lebel). Pour y accéder, ce n’était pas facile et personne n’y touchait, il était là  plus par oubli qu’autre chose. Jusqu’au jour ou mon cousin Denis venu à la maison en famille avec ses parents, le décrocha et le pointa vers son frère Philippe et moi. Ma grand-mère, dans l’escalier, poussa un cri et descendit arracher cette arme des mains du pauvre cousin. Personne ne savait s’il était chargé d’où la peur de ma pauvre mémé. Le fusil fut donné à Mr AUBOURG qui était chasseur. Qu’est-il devenu ?

Philippe MASSELIN se rappelait de ce fusil plus de 50 ans après.

– Astérix, début de la collectionnite 

Image8 Hélène et Serge BUQUET, derrière eux, une carte du village gaulois et des images offertes par la Vache qui rit

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Astérix a toujours été l’un de mes personnages de bande-dessinée préféré. Sur cette photo l’on voit une carte de la Gaule d’Astérix et quelques images offertes par La Vache qui rit. Ma première collection ce fut les figurines Huilor obtenues chez Mme DELACOUR, épicière de la rue de l’Abbaye.

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Ma mère m’avait aussi acheté le camp gaulois qui était réellement magnifique.

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Je me souviens aussi des masques de la marque César, j’avais Astérix et Hélène avait celui d’Obélix.

Et puis, les découpages des pages Astérix du journal Pilote (Abonnement de Philippe ou de son frère Rémy). On jouait ainsi avec les personnages découpés.

– Johnny            

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A un moment donné, nous nous sommes retrouvés « en nourrice », à la journée, pour quelles raisons, peut-être une hospitalisation de la grand-mère ? Je revois le type de maison de cette nourrice, bordant la rue Paul Verlaine, en allant de l’église St Paul au le magasin Super-U. Quel numéro ? Aucun souvenir.

Ce dont je me souviens, c’est que c’est là que j’ai vu pour la première fois Johnny HALLIDAY à la télévision. Une fois, j’ai ouvert une porte qui m’était interdite et là, surprise ; une maquette de cirque  qui m’apparut particulièrement importante. Je n’ai eu le droit que de l’entre-apercevoir.

– Renversé mais heureux                

Un jour, mon grand-père achetait du poisson au poissonnier qui passait dans le quartier avec sa voiture à bras et je voulais évidemment le rejoindre de l’autre côté de la rue.

Malgré l’interdiction, j’ai désobéi et arriva ce qui devait arriver, un camion arrivant au même moment m’a renversé. Je suis passé entre les roues du véhicule et je m’en suis sorti avec plus de peur que de mal, hormis quelques égratignures. Celui qui était le plus malade était le chauffeur du camion qui revint l’après-midi m’apporter des illustrés et des bonbons.

– Bandes dessinées

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Ma première bande dessinée, c’était un cadeau de ma mère. Ce n’était pas donné à l’époque et ça coûte toujours aussi cher. Ce fut Tintin « On a marché sur la Lune ». Même s’il fallait d’abord lire « Objectif Lune », ce n’était pas important. Ensuite, j’ai eu « L’affaire Tournesol », « Le Lotus Bleu » et « Tintin au Tibet ». Cela a été le début d’une passion qui ne s’est jamais arrêtée. Quelles aventures, quel héros ce petit Tintin en culotte de golf !

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Un jour, je devais être malade, ma mère m’a acheté un gros album relié Spirou, Je m’en souviens encore, c’était le N° 87. Plus tard, je l’ai racheté chez Newtome, un bouquiniste de la rue d’Etretat. Ce gros pavé a été le point de départ d’achats multiples. Dans ce type d’album, on avait le début d’une nouvelle histoire, soit c’était la fin mais on n’ avait jamais une histoire complète. Donc, j’ai acheté, dès que je l’ai pu, toutes ces histoires que j’avais adorées : Gil JOURDAN « Les moines rouges », Buck DANNY « Opération Mercury ».

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Bien plus tard, chez un petit éditeur, j’ai pu acheter « Les aventures du capitaine Morgan » qui n’étaient jamais parues en librairie. J’avais maintenant la fin de mon histoire !

– Du baptême à la communion (Religion, fin ?)

D’après Hélène, nous aurions été baptisés ensemble avec la cousine Françoise.

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Ici, sur cette photo, nous sommes chez ma tante Evelyne BUQUET, rue Socrate. Elle porte son quatrième enfant, sa petite Françoise. Ma mère a, dans ses bras, ma sœur Hélène et je suis au milieu.

Le souvenir que je garde de 68, c’est celui de ma communion, de la cantine gratuite, d’un drapeau rouge flottant sur le toit d’une voiture…

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A cette époque, les enfants ne s’exprimaient pas à table; ils restaient, aussi longtemps que duraient ces repas de fête. L’expression » repas de communion » dit bien ce qu’il représentait.

 

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Serge BUQUET en communiant avec ses grands-parents

– Vinyle et Astérix

Comme je l’ai déjà évoqué, Astérix a été une de mes grandes découvertes. Ma mère, pour un anniversaire ou une occasion quelconque, m’achetait des disques vinyles des aventures gauloises de l’un de mes héros préférés.

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J’ai ainsi reçu, Astérix le gaulois et Astérix et la serpe d’or. A un Noël, j’avais aussi eu, en cadeau, le 45 T des chansons d’Astérix. Je les ai toujours mais bien rayés. Les voix des comédiens Guy PIERAULD, Jean GOLD et ensuite Roger CAREL et Jacques MOREL, me ramenaient en 52 avant JC. . .

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En 1966, une émission quotidienne est diffusée entre 12 h 20 et 12 h 30 sur France Inter. Claude VILLERS assure alors l’adaptation radiophonique des aventures du village gaulois, réalisées par Claude Dupont et mises en musique par Gérard CALVI. C’était vraiment très bien.

– En vélo mais sur le porte-bagages

Si Hélène apprit vite à faire du vélo, ce ne fut pas mon cas. Pas de vélo à la maison, ça n’aide donc pas mais il y avait ceux des copains de la rue mais bof, cela ne me disait rien. Alors, très souvent, lorsque les jeux se passaient à l’extérieur des jardins et que c’était le vélo qui permettait le déplacement et bien, je grimpais sur le porte-bagage arrière et vogue la galère. Il arrivait souvent que je sois plus grand que celui qui pilotait et l’image devait être assez comique.

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Jean-Pierre VAUSSIER avait un vélo d’adulte, du type de celui-ci (un Windsor). Il était plus vieux mais plus petit que moi. C’est lui qui était devant et qui pédalait tandis que j’étais sur le garde-boue.

 

 – Tombe la neige

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J’ai pour souvenir que l’hiver dans ces années là était particulièrement froid et que la neige était toujours présente durant les vacances de Noël. De nombreux bonhommes de neige étaient alors présents dans les jardins ou sur les trottoirs.

– Noël des Dockers

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Le Noël des dockers, c’était quelque chose. Où cela se passait, aucun souvenir mais il y avait du monde, c’était chaleureux, on s’y sentait bien. Une belle ambiance, un  peu à la manière des vieux films de Noël. Il y avait le chocolat chaud, les bonbons et le cadeau. Y avait-il un spectacle, certainement mais là non plus aucun souvenir. Je ne pense pas que cela se passait dans un cinéma mais j’ai l’image d’une grande salle avec des tables.

– Rasé de près

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J’allais chez le coiffeur avenue de Frileuse. C’était un tout petit salon pour hommes (et pour enfant, bien sûr). A cette époque, je ne suis pas sur qu’il existait un choix énorme de coupe de cheveux pour les enfants. La tondeuse se chargeait de raser au plus près les têtes blondes ou brunes.

Je me souviens d’une fois ou c’est mon grand-père qui était venu me chercher à la sortie de l’école, direction le « merlan », comme on disait encore.

En attendant mon tour, mon grand-père, qui avait acheté une baguette de pain, pris son couteau et sortit une petite boite de pâté de sa poche de Bleu de travail (c’était même une sorte de salopette de travail). Et le voilà qui étale le pâté sur le pain et nous mangeons nos casse-croûtes avec beaucoup de plaisir.

Une scène comme celle-là ne se verrait plus aujourd’hui.

– Baquet et pot de chambre

La toilette du matin se faisait dans une cuvette où l’on versait  l’eau qui avait été chauffée sur le fourneau. Le samedi, c’était le bain dans un baquet en zinc comme sur cette photo. Dès que le soleil se montrait nous prenions le bain dans la cour

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Les besoins se faisaient dans un pot de chambre que l’on vidait une a deux fois par jour dans le jardin (voir plan plus loin). Il y avait aussi les tinettes au fond du cellier ou pour d’autres dans le jardin. Le papier toilette, c’était du papier journal coupé en bande. En effet, tous ces baraquements et ces maisons de briques rouges (ce que j’ignorais) n’avaient pas le minimum de confort (WC et salle de bain).

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Ce qui peut paraître incroyable aujourd’hui, du moins en France. Ce n’était pourtant pas si vieux ; C’était il y a 50 ans.

– Collection Spirale et Lecture & Loisir

J’ai toujours aimé la lecture. Petit, j’avais quelques livres et ensuite, c’étaient ceux  de ma cousine que je lisais. De La sœur de Gribouille à Jean qui rit, je dévorais la comtesse de Ségur. Après j’avais mes propres livres, Le général Dourakine, Un bon petit diable …  Les aventures du Clan des 7, Le club des 5, Les 6 compagnons, Michel et les routiers, Heidi, Les garçons de la rue Paul et puis j’ai découvert  Quatre vingt Treize de Victor Hugo, Lancelot de Walter Scott, La flèche noire de Stevenson, Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas (mon plus grand souvenir de lecture).

Dans le même temps, Cherry Ames et Jacques Rogy m’ont transporté dans des aventures extraordinaires. C’est peut-être à cause de ça que je n’ai jamais eu envie de voyager physiquement, l’imaginaire me suffisait.

– Jacques Rogy est le héros d’une série française de vingt-six romans pour la jeunesse écrite par Pierre Lamblin, publiée aux éditions G.P. dans la collection Spirale de 1960 à 1976. La série a également paru sous la forme de douze bandes dessinées inspirées des romans.

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Jacques Rogy est journaliste reporter au Grand Écho de Digne, puis au Clairon à Paris. Dans ses enquêtes, il est aidé par son chauffeur et ami, René Doridan, et par sa collègue journaliste Constance Haget.

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– Cherry Ames est l’héroïne d’une série de vingt-sept romans pour la jeunesse créée par Helen Wells et Julie Tatham et publiée aux Etats-Unis entre 1943 et 1968. aux éditions Grosset & Dunlan, et toujours rééditée de nos jours. En France, seuls treize titres ont paru de 1958 à 1979 dans la collection Lecture et Loisir. La série n’est plus rééditée en France mais l’est toujours aux États-Unis et en Grande-Bretagne. La série a été conçue dans le but de susciter chez les jeunes Américaines la vocation d’infirmière dans une Amérique en guerre et en pénurie d’infirmières.

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– Tout l’Univers    

Tout l’Univers est d’abord une revue hebdomadaire publiée à partir du 25 octobre 1961, par Hachette et conçue par Armand Beressi (directeur d’édition), sur le modèle de la revue italienne  Conoscere, créée par la maison d’édition milanaise Fratelli  Fabbri Editori. Les fascicules, qui paraissent le mercredi, sont alors à inclure dans des reliures spécialement créées.

Par la suite, l’encyclopédie est vendue sous la forme de volumes reliés.

La série rouge de l’encyclopédie a connu une réédition dans les années 1970 : 240 numéros pendant 55 mois, d’octobre-novembre 1971, au 30 septembre 1976. À cette époque, la revue paraissait le jeudi. Elle a d’abord été vendue 2,90 francs, puis 3,50 fr, à partir du no 141, puis 3,90 fr, à partir du no 169. En 1974, les reliures coûtaient 19 francs. En septembre 1976, elles étaient passées à 25 francs.

Ma mère m’avait abonnée et chaque semaine je lisais avec passion les différents articles sur l’Histoire, la Géographie, les Sciences, la Littérature…

Beaucoup d’illustrations enchantaient ma lecture.

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Pendant ce temps, ma mère achetait et lisait, avec autant de passion, Point de vue & Images du Monde.

Afin de remplacer la référence Match (ancêtre de Paris Match)  sous séquestre, Point de vue a été lancé le 23 mars 1945, par des anciens des Forces Françaises Libres (FFL) :

-Marcel Bleustein-Blanchet, fondateur de Publicis, qui lui a trouvé son titre Point de vue alors qu’il était à Londres 

-Lazare Rachline, alias Lucien Rachet ou « Socrate », industriel, un des fondateurs de la LICRA, représentant du général de Gaulle pour la libération de Paris

-Général Édouard Corniglion-Molinier, patron des studios de la Victorine, producteur de Drôle de drame (film de Marcel Carné), compagnon de la Libération et homme politique de la IVe République. C’est lui qui a eu l’idée de créer un « magazine d’information illustré ».

Le premier éditorial a été rédigé par Raymond Aron.

Je dois dire que je feuilletais très souvent cette revue des Rois et des Reines.

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– Le Bois Cody

Le bois Cody où il nous était interdit d’aller jouer. Plus âgés, nous y allions tout en restant en haut des marches.

Je me souviens d’une fois où des ouvriers travaillaient dans l’escalier et une jeune femme m’a demandé de l’accompagner. Elle craignait de passer seule devant eux. Je ne sais pas ce que j’aurais pu faire du haut de ma dizaine d’années mais ça la rassurait certainement.

Les ouvriers en riaient encore lorsque je suis remonté.

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